Écrivons-nous littéralement dans tous les sens *


École d'art d’Arras, sujet transversal de première année : Arnaud Sergent, François Legendre,  le 4 décembre 2008.

 

Une journée à Gand, carnet de notes

l’art, les interstices/le regard, la dérive

 

le programme, les amitiés belgo-culturelles *

10h -12h : visite du S.M.A.K , Musée d’art contemporain

12h -14h30 : repas et quartier libre

14h30 -16h/16h30 : visite du Musée des arts décoratifs et du design

16h/16h30 - 18h30 : quartier libre

 

le sujet, écrivons-nous littéralement dans tous les sens *

De vos visites au Musée d’art contemporain de Gand et au Musée des arts décoratifs et du design, mais aussi de vos visites libres en ville (au choix le Musée des beaux arts ou le retable de l’Agneau mystique de Van Eyck à la cathédrale Saint Bavon, par exemple) et au hasard de vos déambulations, vous composerez un carnet de notes manuscrites et de croquis, comprenant une succession de mots ou de fragments de récits liés à vos impressions, vos pensées, au langage des choses, à ce qui parle en vous, selon une distribution spatialiste de votre matériau écrit ce, en résonance avec des prises de notes sur quelques œuvres ou quelques moments choisis, dont une obligatoire sur un ou deux dispositifs scénographiques que vous aurez vus. Les mots du récit spatialiste et les prises de notes devront être écrits avec des caractères ou des tailles de lettres différenciés. Toutes ces écritures devront être associées/confrontées avec des croquis d’œuvres ou des croquis libres, des notations graphiques de pensées ou d’émotions, abstraites, indicielles, aléatoires, systémiques.

Ne cherchez pas à produire du style, a fortiori lyrique ou emphatique ; restez sobre, neutralisez votre écriture : recentrez vous sur la force d’un mot, d’un nom, d’un verbe, plutôt que sur la description d’une qualité. Évitez les paraphrases du type « j’ai choisi de »  ou « je vous vous parler de » ou « je pense que », entrez tout de suite dans le vif du sujet, dans l’action ; écrivez en première intention ce qui vous passe par la tête ou à côté, pratiquez l’écart, le paradoxe, surprenez le lecteur. Écrivez en français (sans faute d’orthographe) ou encore en anglais, en flamand, dans la langue de votre récit intérieur. Écrivez ce que vous voulez et faites vivre votre écriture, pensez aux implications de vos signifiés, à la densité de vos signifiants et faites-les résonner avec les mouvements de vos images, jouez des tensions, des contradictions, des décalages, des superpositions, des effacements, mais ne chargez pas trop vos compositions ; elles doivent rester lisibles et dynamiques.

Vous vous munirez d’un ou plusieurs crayons de votre choix. Le carnet sera fourni, vous y  noterez vos nom et prénom au début ou à la fin ou au milieu, selon l’envie du moment.

À la fin de la journée, les carnets seront récupérés et ils seront ensuite évalués sur des critères liés à l’intérêt du texte, à sa force, à la qualité des croquis, à la composition et à la beauté de la mise en page.

* Les expressions en italiques sont de Christian Dotremont (1922-1979), artiste et poète belge, chroniqueur du groupe Cobra.