La nuit tombe, une rémanence de l’Éclipse

École d’art d’Arras. Gildas Lepetit-Castel, François Legendre, Arnaud Sergent. 01 10 2007

2e année, 1er semestre
sujet transversal photographie, sciences humaines, informatique appliquée

L’intitulé
La nuit tombe, une rémanence de l’Éclipse. Après Antonioni.

Scholie
un travail sur le montage, ou comment installer un récit à travers une succession d’images et de fragments de textes non narratifs (ou dysnarratifs).

L’objet
quatre photographies de format 10 x15 encadrées dans une marie-louise horizontale de 30 x 80.
Sous la marie-louise, à la verticale de chaque image un cartel portant le texte d’un maximum de cinq lignes, soient quatre cartels et quatre textes en tout.
Typographie imposée.

Les principes de travail

Vous réaliserez une pellicule noir et blanc de trente-six vues, de laquelle vous sélectionnerez avec votre professeur quatre clichés qui devront être tirés en support argentique. Ces photographies devront répondre à deux contraintes de composition interne et de mise en récit, tout en évitant une succession par trop narrative des images. Il est en effet préférable d’enclencher un récit par une  mise en liaison, en tension des signes et des composantes plastiques (lumière, lignes, plans, formes, cadrage) par résonances ou par oppositions, contrastes, ruptures d’une image à l’autre. En d’autres termes, il ne s’agit pas tant de vouloir raconter une histoire, que de la laisser surgir dans toute son incertitude, sa dimension aléatoire, fugace, fragile, son caractère irréductible. N’oubliez pas que l’on parle d’éclipse (quelque chose ou quelqu’un qui disparaît) et d’Antonioni (des images qui résistent au message, au vouloir faire sens).

Le texte devra être abordé dans le même esprit. Vous écrirez une dizaine de textes courts (d’une à cinq lignes maximum). Là encore, n’essayez pas de raconter une histoire, de composer de belles phrases. Au contraire, cherchez la sobriété, la neutralisation stylistique. Il serait préférable que ces fragments n’aient aucun rapport pré-établi entre eux et qu’ils ne parlent pas nécessairement des images (en tout cas, ils doivent s’abstenir de les décrire) ; vous pouvez ainsi écrire ce qui vous passe par la tête, expérimenter un travail d’écriture automatique, écrire une bribe un jour, un autre bout le lendemain, vous pouvez dire une chose et son contraire ; et n’oubliez pas que les cadavres exquis vous réservent parfois de bonnes surprises, entre les jeux du hasard et les pérégrinations de l’inconscient.

Ensuite, vous sélectionnerez avec votre professeur quatre de ces textes, ceux qui seront les plus intéressants du point de vue des résonances avec les images, jouant avec d’éventuels décalages, envisageant les interstices, les non-dits comme dans les dialogues erratiques d’Antonioni.

Enfin le façonnage, la mise en forme devront être soignés, clairs, maîtrisés de manière à laisser apparaître le ciné-récit  dans toutes ses dimensions plastiques et signifiantes.

Les échéances

rendu des négatifs le 24 octobre à Gildas Lepetit-Castel, puis choix commun des  quatre clichés
rendu des écrits le 05 novembre à François Legendre, puis choix commun des quatre textes
rendu tirages le 10 décembre à GLC
rendu façonnage le 18 décembre à Arnaud Sergent.


un exemple de réalisation : les 4 images et les 4 textes du sujet Antonioni de Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .

L'eau lumineuse erre à travers l'expression des corps électriques,
de ces petites sphères des jours flous qui crépitent dans la nuit.

 

La lune voluptueuse glisse hors de la main où l'impatience glaciale
s'enfuit à travers le silence.

 

L'ennui festif chante dans la mélancolie des darses où le noir
des entrepôts laisse disparaître des saltimbanques obnubilés.
Une dernière fois.


Une tentative sombre file de l'autre côté de la rue et au bout le rythme
s'échoue sur une nostalgie intense.