Le paysage, un récit filmique.

École d’art d’Arras. Arnaud Sergent, François Legendre 12.10.2009
2e année, semestres 1
sujet transversal design graphique et multimédia, histoire et théorie de l’art


L’intitulé

Le paysage, un récit filmique.

Scholie

Un travail sur le montage, ou comment installer un récit à travers une succession d’images et une piste sonore dysnarrative.

L’objet final

Un film numérique constitué de 20 images fixes maximum avec un texte en voix off.

 

Une démarche diptyque

Le matin, le paysage existant :
vous allez emprunter le chemin qui traverse le massif dunaire de Saint-Quentin-en-Tourmont (dans le parc du Marquenterre, au nord de la Baie de Somme) à la mer (environ 3,5 km), puis après une pause sur la plage vous allez remonter vers le nord vers Quend-Plage-les-Pins (environ 3,5 km) :
traversée du massif dunaire de 09h30 à 10h30
pause sur la plage de 10h30 à 11h00
marche vers Quend de 11h00 à 12h00.

Durant tout ce trajet, vous allez faire des prises de vues en numérique ou en argentique, en noir et blanc ou en couleur, des paysages que vous allez rencontrer : pinèdes, landes, dunes, mer, ciel, estran. Sur chacune de ces composantes du paysage, vous allez privilégier une interprétation graphique (les troncs des pins, leurs aiguilles, le dessin des vagues sur l’estran etc.), ce qui suppose notamment de travailler sur l’échelle. Autant de prises de vues qui vous semblent nécessaires sachant qu’une dizaine de clichés seront sélectionnés.

L’après-midi,  le paysage installé :
après le repas à Quend, vous retournerez sur la plage à quelques encablures de la station et vous installerez un paysage de votre composition. L’échelle peut en être minuscule ou au contraire proportionnelle à l’étendue du paysage, un peu à la manière d’un earthwork, en l’occurrence très éphémère.

Une règle directement inspirée de la pratique et de l’éthique de Richard Long : vous n’utiliserez que les ressources du site (sable, eau, vent, sel, oyats, bois de flottage, voire détritus) et que les potentialités de votre corps (qui peut faire partie du paysage que vous installerez et produire lui-même du paysage). Pensez aux alignements d’objets, dessins sur le sable, lignes, points, trous etc. Sur les installations à grande échelle, vous pouvez vous associer à plusieurs.

Puis vous effectuerez un travail de prise de vue soulignant la construction graphique de votre installation dans son environnement, précisément comme un écho, un contrepoint, une résonance distanciée du paysage existant, dont vous pouvez bien sûr perturber l’échelle et la structure. Pareillement, une dizaine de clichés seront sélectionnés, étant bien entendu que vous conserverez l’ensemble de vos prises de vue qui pourront être présentées autour du film ou dans un carnet à part.

La confection du film

Votre film numérique d’une vingtaine de clichés présentera une structure diptyque, soit en deux parties distinctes - paysage existant/ paysage installé - soit selon un montage parallèle.

Ne cherchez pas à produire une succession trop narrative des images. Il est en effet préférable d’enclencher un récit par une  mise en liaison, en tension des signes et des composantes plastiques des clichés (lumière, couleur lignes, formes, cadrage) par résonances ou par oppositions, contrastes, ruptures d’une image à l’autre. En d’autres termes, il ne s’agit pas tant de vouloir raconter une histoire, que de la laisser surgir dans toute son incertitude, sa dimension aléatoire, fugace, fragile, son caractère irréductible.

Le texte de la voix off devra être abordé dans le même esprit : n’essayez pas de raconter une histoire, de composer de belles phrases. Au contraire, cherchez la sobriété, la neutralisation stylistique. Il serait préférable que ces fragments n’aient aucun rapport pré-établi entre eux et qu’ils ne parlent pas nécessairement des images (en tout cas, ils doivent s’abstenir de les décrire) ; vous pouvez ainsi écrire ce qui vous passe par la tête, expérimenter un travail d’écriture automatique, écrire une bribe un jour, un autre bout le lendemain, vous pouvez dire une chose et son contraire ; et n’oubliez pas que les cadavres exquis vous réservent parfois de bonnes surprises, entre les jeux du hasard et les pérégrinations de l’inconscient.

Cette voix off sera la vôtre ; l’intonation doit aussi rester sobre pour être crédible, pour que celui qui voit et écoute votre film puisse entrer dans votre univers et y adhérer. L’important est la qualité et la maîtrise du ressenti, comme dans toute activité artistique au fond.

Vous avez la possibilité de compléter la piste sonore de votre film par des bruitages, mais sans recours à la musique. Autrement dit, le récit tout entier est recentré sur la force de vos images, la qualité de votre texte et la présence de votre voix.

 

Les échéances :
prises de vues, le 12 octobre
sélection des clichés avec Arnaud et François du 13 au 23 octobre
montage du film avec Arnaud du 26 octobre au 16 novembre
rédaction des textes du 13 octobre au 02 novembre,
présentation à François du 03 au 16 novembre
enregistrement de la voix off et de la bande son, puis mixage du 16 au 7 décembre
rendu le 14 décembre
présentation aux évaluations du 1er semestre et peut-être même dès le banquet de Noël.


vidéo de Céline Martin Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.